Loisirs
 

Anciens héros du bout du monde (347)

Les quelques notices qui suivent sont extraites, entre autres, de la Biographie belge d’Outre-Mer publiée par l’Académie royale des Sciences d’Outre-Mer. Les nombreux volumes qui composent cette collection contiennent des notices biographiques relatives aux Belges qui se sont distingués à travers le monde.

Les personnages cités ci-après ont tous consacré leur vie professionnelle au Congo belge où ils ont pratiqué les professions qui étaient les leurs dans des domaines aussi variés que la sylviculture, les prospections minières,…

Certains noms de famille peuvent paraître anachroniques dans l’histoire de nos deux entités. La raison en est bien simple. La forêt de l’Hertogenwald et la frontière belgo-allemande bordant notre commune ont nécessité la présence d’agents forestiers et de douaniers qui, bien évidemment, ont habité nos deux villages. Et selon le rythme des mutations, ces agents ont passé quelques années de leur vie professionnelle chez nous. Dès lors, il est fréquent de rencontrer dans les registres d’état civil de Baelen et de Membach les actes de naissance de leurs enfants. Mais la liste qui suit reprendra également les noms de personnages « congolais » dont les familles sont ancrées chez nous depuis de nombreuses générations ou d’autres qui y ont fait souche.

Vivre au Congo à la fin du XIXe et début du XXe siècle, ne devait pas être bien facile et encore moins commode. Ainsi les termes d’un contrat daté de cette époque avertissaient les candidats à l’expatriation par ces phrases : Il importe que vous puissez vous rendre plus ou moins compte, avant de prendre du service en Afrique, des difficultés que vous allez rencontrer au Congo et des privations que vous aurez à y supporter. […] Les installations sont rudimentaires, Les habitations sont construites par les natifs, on n’y a que le confort que l’on réussit à s’y créer soi-même. Les relations avec les indigènes sont souvent difficiles, exigeant de la patience, de la prudence et du tact ; le ravitaillement des vivres européens n’y est pas encore assuré par un service régulier. Cependant une note optimiste clôturait cette mise en garde : Les difficultés que vous rencontrerez au Congo sont loin d’être insurmontables ; la meilleure preuve que l’on puisse en donner, c’est qu’un grand nombre d’agents qui se sont rendus en Afrique demandent à y retourner …

Passé ce préambule, nous débuterons notre liste par :

Jean BRICHET, fils d’Octave Brichet, garde général des Eaux et Forêts, et de Marie-Émerence Lambert, naît à Membach le 15 avril 1899 et décède à Dinant le 1er mars 1949. Ingénieur agronome forestier de l’Université de Louvain, Jean Brichet s’est spécialisé en sylviculture tropicale, spécialisation à laquelle il consacrera toute sa vie.

Fort de ces connaissances, il arrive au Congo belge le 13 septembre 1925 où il lui est offert le poste de Conseiller forestier auprès du Service agronomique de la province orientale dont le chef-lieu est Stanleyville, rebaptisée aujourd’hui Kisangani. Il y passe 7 ans au cours desquels il crée des réserves forestières et il y forme des gardes forestiers pour en assurer l’entretien et la surveillance.

En 1932, Jean Brichet est nommé directeur du Service de l’Agriculture et assume la responsabilité de la section forestière du Gouvernement général à Léopoldville (Kinshasa) . Placé sous ses ordres, l’effectif forestier totalisait 30 ingénieurs et plus de 70 agents. En 1946, le gouvernement belge fit encore appel à son expérience et ses services pour le nommer Conseiller forestier à la Direction générale de l’Agriculture au Ministère des Colonies .

Hector-Fernand-Joseph DELEVAL, commissaire de district, fils d’Émile Deleval et de Céline Jacqmain, naît à Membach le 8 mars 1873 et meurt à Spa, le 6 décembre 1953. Hector Deleval entre à l’Administration de l’État indépendant du Congo, à Bruxelles, en 1894. Un an plus tard, il embarque pour le Congo et atteint Boma début mai 1895. Il est aussitôt versé au service des transports de la Force publique congolaise et, en 1897, il passe à l’intendance.

Dans l’attente de l’achèvement de la ligne de chemin de fer du Bas-Congo, on lui confie la mission de diriger, sur plusieurs centaines de kilomètres, le long de la route, des caravanes qui aboutissaient à Léopoldville, des convois de porteurs chargés d’y assurer le transport du ravitaillement et de l’armement.

Deleval s’y distingue par ses qualités d’initiative et de dévouement, veillant à la sécurité des porteurs et des charges qu’ils transportaient. En 1901, il est promu chef de zone du Mayumbe où il gagne rapidement la confiance des populations locales. Quatre ans plus tard, il devient commissaire de la ville de Boma et, lorsqu’il met un terme à sa carrière africaine, en 1921, il la termine en assumant la fonction de commissaire de district, fonction acquise depuis plusieurs années déjà.

Hector Deleval a été un des premiers à réaliser des études ethnographiques et à collecter de nombreux renseignements sur les coutumes congolaises. Il apprécie les Congolais, gagne leur confiance particulièrement utile, d’ailleurs, pour aboutir à des résultats sérieux. En 1913, il publie à Bruxelles ses notes ethnographiques intitulées : Les Tribus Kavati du Mayombe. Il a également laissé d’autres notes restées inédites sur Les populations indigènes du Bas-Congo, notes aujourd’hui entreposées dans les cartons des Archives générales du Royaume à Bruxelles.

Lorsqu’il prend sa retraite après 9 termes au Congo, soit de 1895 à 1921, il se voue aux œuvres philanthropiques et assume avec son épouse, la direction de la villa Marie-Henriette à Spa. Les coloniaux, au cours de leurs congés ou y séjournant pour raisons de santé, y ont trouvé un accueil chaleureux et une bienveillante sollicitude .

À suivre …

André Hauglustaine et Camille Meessen
 

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