Loisirs
 

Le chemin de fer vicinal à vapeur "Dolhain-Eupen" (353)

Certains s’en souviennent encore, d’autres l’ont déjà oublié ! Nous voulons parler de la ligne de chemin de fer qui reliait Dolhain à Eupen via Goé et Membach.

train vicinalPhoto: le train à l'arrêt au début de l'avenue David à Dolhain.

Appelé par les uns, Oe-Bähnchen, par les autres, le petit tram à carbure de Dolhain, cette voie ferrée se limitait dans un premier temps au tronçon Dolhain-Béthane, grâce à la concession accordée en mai 1889. Par la suite, deux demandes de prolongement de la ligne sont introduites visant à l’extension de la voie ferrée jusqu’à Eupen.

La première concernait la construction de la section Goé (Béthane) à Membach, accordée en juillet 1895, la seconde voyait l’établissement de l’extension Membach jusqu’à la frontière prussienne, entérinée en octobre 1896 . Ces deux extensions sont alors réalisées rapidement et mises en service dès 1897. Depuis la frontière belgo-prussienne jusqu’à Eupen, l’exploitation de ce tronçon a été accordée à la Société Eupener Kleinbahngesellschaft.

Après 30 ans d’activité, le service voyageurs est suspendu sur l’ensemble de la ligne et remplacé par une desserte d’autobus. En 1940 toutefois, le service ferré voyageurs reprend du service et se maintient pendant la guerre pour être à nouveau supprimé, définitivement cette fois, en 1946 au profit d’une ligne de bus mise en place à ce moment.

Quant au service marchandises, il perdure jusqu’en juin 1959 entre Eupen et Goé et jusqu’en mars 1963, entre Goé et Dolhain. La présence de plusieurs usines et établissements industriels placés sur ce tronçon explique cette longévité. Peu à peu, les camions prendront le relais. Désaffectée sur tout son parcours, la ligne ferroviaire est ensuite démontée et le matériel en grande partie ferraillé.

La ligne raccordée au réseau du chemin de fer belge avait son point de départ à Dolhain-Vicinal (la rue Vicinal se raccorde sur la rue Moulin en Rhuyff). Traversant Dolhain, la voie ferrée prenait la direction de Goé, en empruntant l’avenue David pour se diriger vers Eupen par la vallée de la Vesdre. Elle passait à Béthane où se trouvaient des remises et des ateliers ainsi que des voies de déchargement et une prise d’eau pour les locomotives (site de l’actuel Saphibois). A Béthane, existait une halte vis-à-vis de l’Hôtel restaurant du Casino de Bethane. D’ici partaient à pied de nombreux touristes à la découverte du barrage de la Gileppe et de la forêt environnante.

La ligne se prolongeait ensuite vers Membach pour atteindre Perkiets. Plus loin, elle traversait la route avant le pont vicinal situé près de la chapelle Saint-Quirin et atteignait de la sorte la gare de Membach qui abritait également, jusqu’en 1920, le bureau des douanes, la frontière n’étant plus très loin de cet endroit.

gare mchPhoto: façade avant de la gare de Membach. A gauche, la chapelle Saint-Quirin.

Le site de la gare de Membach comportait également plusieurs voies de garage ainsi qu’une remise pour les voitures. Abandonnant la gare membachoise, le train circulait au côté gauche de la route jusqu’à la station terminale d’Eupen. La longueur totale du parcours, depuis Dolhain, s’élevait à 9 km 200.

Le matériel roulant se composait de trois locomotives, trois voitures mixtes de 1ère et 2ème classes, trois voitures de 2ème classe, deux fourgons et neuf wagons.

Au départ d’Eupen, en 1897, il fallait débourser pour se rendre à :

.- Membach - Frontière : 15 centimes en 1ère classe et 10 centimes en seconde,

.- Membach - Station : 25 centimes en 1ère cl. et 15 centimes en sec.,

.- Perkiets : 30 centimes en 1ère cl. et 25 centimes en sec.,

.- Béthane (Gileppe) : 35 centimes en 1ère cl. et 2 centimes en sec.,

.- Goé (village) : 50 centimes en 1ère cl. et 2 centimes en sec.,

.- Dolhain (pl. d’Andrimont) : 65 centimes en 1ère cl. et 45 centimes en sec.,

.- Dolhain (gare) : 70 centimes en 1ère cl. et 50 centimes en sec.


André Hauglustaine et Camille Meessen


Sources : Entre-Voies. Dolhain Limbourg. Édition spéciale du Club ferroviaire de l’Est de la Belgique. Verviers, sans date.

 

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