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Les Baelenois sont-ils des Eburons? Oui, probablement!

Les Éburons étaient un peuple belge établi au nord-est de la (grande) Gaule au Ier siècle av. J.-C. Le territoire des Eburons correspond aux provinces actuelles du Limbourg et de Liège en Belgique, au Limbourg hollandais et à une partie proche de l'Allemagne jusqu'à Aix-la-Chapelle.

carte eburons

Jules César les considérait comme des Germains.
Ils occupaient les rives du Rhin entre Remagen et Düsseldorf, et celles de la Meuse, de Liège à Roermond. Selon Jules César : «les Éburons, dont la plus grande partie habite entre la Meuse et le Rhin, et qui étaient gouvernés par Ambiorix et Catuvolcos».

A ceux qui s’étonneraient des grandes différences entre les noms de familles eupenoises, baelenoises et ceux de Butgenbach, Saint-Vith, Amel..., rappelons que, au-delà des Hautes Fagnes, les territoires n’étaient pas éburons, mais trévires. La liste des abonnés au téléphone en témoigne encore aujourd’hui.

Aduatuca est une forteresse située « au centre de leur territoire ». Elle se situerait à l'emplacement de la ville actuelle de Tongres (certains chercheurs l’imaginaient à Limbourg (Dolhain) ! Mais cette théorie semble abandonnée depuis longtemps).

L’origine du mot «Éburon», s'explique par une langue celte et non pas germanique. En effet, Eburo est expliqué par le celtique *eburo - «if» ou «sanglier»

 

Les Éburons étaient connus pour la culture de l’if (Taxus). Cet arbre donne un bois fibreux, élastique et solide, d'une excellente qualité pour la fabrication des arcs et flèches. Le meilleur bois d'if se cultivait dans nos régions. L'if se taille bien et les haies bien taillées que l'on retrouve actuellement ont une origine ancienne attestée déjà dans l’Antiquité. On retrouve un gros bouquet d’if sauvage à droite de la route Béthane-Chêne du Rendez-vous (à hauteur de l’ancien Chêne, non loin de ce carrefour)

L'if des Éburons était tellement apprécié en Gaule, qui avait son propre if, que cette qualité fut nommée eburo. La ville suisse d'Yverdon s'appelait *Eburodunum dans l'antiquité. Eburo (if, taxus) + dunon (*dun, colline, village fortifié).

Selon Jules César qui l'écrit dans son ouvrage Commentaires sur la Guerre des Gaules, Ambiorix, un des deux chefs éburons avec Catuvolcos, a exterminé la 14e légion romaine avec ses 5 cohortes supplémentaires, lors de la bataille d'Aduatuca. Ceci se passa peut-être dans la vallée du Geer, en 54 avant J.-C. Il s'agit de la plus importante perte romaine de la Guerre des Gaules.

Jules César, dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VI, 31, parle des peuples de nos régions : « À l'Ouest des Trévires (Trèves) et des Nerviens habitent les Sénons et les Rèmes, auxquels il faut ajouter les Atrébates et les Éburons ; puis, à la suite des Ménapes, sur le littoral même, viennent les Morins, et, après eux, les Bellovaques, les Ambiens, les Suessions et les Calètes jusqu'à l'embouchure du Sequanas. Le pays des Morins, des Atrébates et des Éburons offre le même aspect que celui des Ménapes, l'aspect d'une forêt, mais d'une forêt d'arbres très peu élevés, qui, tout en présentant une superficie considérable, n'a pourtant que les 4000 stades d'étendue que les historiens lui donnent. On désigne cette forêt sous le nom d’Ardenne ».

Ces nombreuses tribus de la Gaule, mais aussi les Germains et les Romains, étaient tous issus de migrations indo-européennes des siècles qui ont précédé. Les petites différences physiques dont parle César sont peu de choses en rapport aux traits généraux qui nous rassemblaient et nous rassemblent encore aujourd'hui.

                                                                                      André Hauglustaine, Camille Meessen

P.S : Bon à savoir : Les aiguilles des haies de l'if commun (Taxus baccata) contiennent de la baccatine, une substance précieuse utilisée dans la production de médicaments employés dans le traitement de plusieurs formes de cancer.


Sources:

 .- Sources diverses sur Internet
.- Jules César, Commentaires sur la Guerre des  Gaules, Livre V, VI.
.- Travelling. André Hauglustaine. Bibliothèque de la Gileppe. 2011
.- Le Grand Larousse encyclopédique en 10 volumes de 1961

 

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