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L'Hertogenwald

Tous les amis de la nature peuvent trouver leur bonheur dans la forêt domaniale des Ducs, « l’Hertogenwald » !

D’une superficie de plus de 13.000 hectares, elle est la plus grande forêt domaniale de Belgique. La partie occidentale de l’Hertogenwald s’étend en grande partie sur le territoire de notre commune, depuis la Vesdre au nord jusqu’à la réserve naturelle des Hautes Fagnes au sud : 5679 hectares de l’Hertogenwald sont situés sur Baelen, le reste se partageant entre Jalhay (415 hectares) et Limbourg (414 hectares).

L’Hertogenwald recouvre deux tiers du territoire de la commune.  La forêt des Ducs est magnifique en toute saison, que ce soit pour une balade à pied, un tour à vélo ou une randonnée plus longue. Vous trouverez ici quelques idées pour une sortie au grand air, mais l’Hertogenwald ne se résume pas à ses sentiers de promenade : c’est aussi un lieu historique important et un centre d’observation scientifique de la faune et de la flore.

Belle en toute saison

Un peu d’histoire

A l'époque romaine, cette portion septentrionale de l'immense "Arduinna Silva" (Forêt d'Ardenne) fit partie, comme le reste de la région fagnarde, du domaine public de l'empire. Sous les Mérovingiens, elle devint le patrimoine personnel du souverain, qui y exerçait principalement le droit de chasse. Plus tard, la forêt fut comprise dans l'"Oberwald" impérial qui, depuis Roetgen, remontait vers les Hautes Fagnes.

Elle en sortit vers le milieu du Xe siècle, lorsque le ban de Baelen passa sous la dépendance du comté puis duché de Limbourg. Dès lors, l’Hertogenwald allait suivre le destin de ce duché. C'est ainsi qu'en 1288, il passa dans le patrimoine des ducs de Brabant, ceux-ci étant devenus les suzerains du duché de Limbourg. Il devint ensuite propriété des ducs de Bourgogne puis des Habsbourgeois. Comme le reste du pays, il subit, du XVIe au XVIIIe siècle, les dominations espagnole et autrichienne, avant l'annexion de nos provinces à la France.

En 1815, le congrès de Vienne ayant choisi la Helle comme frontière entre les Pays-Bas et la Prusse, l'unité de la forêt domaniale fut rompue, la partie occidentale allant aux Pays-Bas, la partie orientale à la Prusse. En 1830, lors de la proclamation de l'indépendance nationale, la partie hollandaise revint à notre pays. Après la guerre de 1914-1918, le Traité de Versailles (1919) rendit à la Belgique la partie allemande de l’Hertogenwald. Ainsi, les deux portions de l'ancienne "Forêt des Ducs" furent à nouveau réunies. Depuis lors, l’Hertogenwald est demeuré propriété de l'Etat belge. Suite à la régionalisation, il appartient à la région wallonne.

(D'après le "Guide du Plateau des Hautes Fagnes" de R. Collard et V. Bronowski - Édition "Les Amis de la Fagne")

Une forêt « utile »

De tout temps, les richesses de l’Hertogenwald furent exploitées à la fois par leurs propriétaires et par les habitants des villages voisins. Ces derniers possédaient différents droits d’usage sur la forêt : pacage, glandée, stiernage (enlèvement des herbes, fougères, bruyères, etc. pour servir de litière), affouage (enlèvement de bois de chauffage et de construction), fabrication de charbon de bois. Cette exploitation fut pratiquée de manière outrancière, au point qu’au 18ème siècle l’état de la forêt était lamentable : elle présentait de nombreux vides et les fagnes empiétaient de plus en plus sur les futaies.

C’est vers 1775 que les forestiers de Marie-Thérèse d’Autriche ont commencé les premiers travaux de restauration et d’assèchement, continués par la suite par les Prussiens et les Belges. L'Hertogenwald est donc une forêt assez récente, puisqu'elle est essentiellement le résultat de l'enrésinement qui fut effectué par l'administration belge en partie occidentale et prussienne (partie orientale) durant le 19ième siècle.

Si l'Hertogenwald est étroitement associé aux Hautes Fagnes, ce n'est pas uniquement parce que cette forêt jouxte et ceinture, pour une bonne part, ce qui est devenu la réserve naturelle des Hautes Fagnes, mais c'est surtout parce que l'enrésinement s'est fait au détriment des landes marécageuses qui couvraient la totalité du plateau. En Ardenne, l’épicéa est encore aujourd’hui une ressource économique importante, mais il pousse mal sur les sols tourbeux de notre région, malgré les fossés de drainage qui ont été creusés pour assécher les parcelles.

De nos jours, le DNF (Département de la Nature et des Forêts) pratique dans l’Hertogenwald une gestion nettement orientée vers la diversification des essences et la restauration des sites tourbeux. En effet, à l’avenir, l’objectif est de maintenir les peuplements résineux seulement là où les sols sont adaptés et de rechercher, pour les autres zones, d’autres essences (feuillues ou non).

Voici un aperçu des répartitions par espèces. Comme on peut le voir, c’est l’épicéa qui domine largement en termes de surface.

Essence Surface occupée (ha) Surface occupée (%)
Chênes 625 11
Hêtres 820 14.5
Bouleaux 164 2.9
Epicéas 2791 49.3
Sapins 63 1.1
Pins Sylvestres 53 0.9
Douglas 51 0.9
Mélèzes 19 0.3
espaces non boisés ou en cours de régénération 717 12.7
Divers 357 6.3

Source : DNF


La forêt possède le label PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification Schemes), qui regroupe tous les acteurs forestiers : utilisateurs, propriétaires, scientifiques, industriels et associations environnementales. Il garantit une gestion durable et responsable des forêts suivant des critères stricts avec un équilibre entre les fonctions écologiques, sociales et économiques de la forêt pour assurer son avenir.

Une restauration des habitats intéressants est également prônée par l’administration, entre autres par un abattage de résineux dans les fonds de vallées. A Baelen, près de 3250 hectares de forêt font partie du programme Natura 2000, dont l’objectif est de préserver certaines espèces et les milieux qui les abritent. Le projet LIFE Hautes Fagnes, qui avait fait l’objet d’un précédent dossier et vise plus particulièrement les landes et tourbières, s’inscrit dans ce réseau Natura 2000.
 

Le sapin de Noël de la grand-place

Rappelez-vous, en 2011 et 2013, les sapins de Noël qui décoraient la grand-place étaient baelenois. Ils avaient été offerts par la Région wallonne et sélectionnés dans la vallée de la Soor, à Porfays (en 2011) et à Geitzbusch (en 2013). Un choix judicieusement évalué : l'enlèvement des épicéas situés le long de cours d'eau permet d’apporter plus de lumière aux ruisseaux et donc d’augmenter leur potentiel biologique. Les vallons dégagés participent au maillage écologique en forêt et offrent des habitats à des espèces typiques de ces milieux forestiers ouverts. Dans le cas de la Soor, le vallon est en voie d'être dégagé sur une largeur d'environ 50 m en moyenne sur son parcours de 8 km à travers la forêt domaniale de l'Hertogenwald.


Les Chasses de la Couronne

Le droit de chasse dans la partie occidentale de la forêt de l’Hertogenwald a toujours appartenu au pouvoir féodal. L’appellation « Chasses Royales » date de Léopold 1er. Depuis 1982, la famille royale a renoncé à exercer directement son droit de chasse sur les territoires de l’Hertogenwald, pour conférer aux Chasses de la Couronne une triple mission:
- promouvoir une chasse écologique et raisonnée ;
- soutenir la recherche scientifique (déplacement du gibier, comportement, densité optimale, …) ;
- ouverture vers le public : information, organisation de balades, éducation.

La gestion des Chasses de la Couronne est confiée au DNF, et plus précisément au cantonnement de Verviers. Ces chasses sont devenues un territoire pilote pour l’éthique de la chasse, l’accueil du public et la recherche de l’équilibre forêt / faune.

En semaine, du 21 septembre au 31 décembre, les chasseurs sont présents chaque jour sur le terrain pour réussir les missions du plan de tir élaboré par le Centre de recherche (DEMNA) de Gembloux : ainsi, en 2014, un minimum de 70 animaux non-boisés (faons et biches) devaient être abattus, et un maximum de 40 cerfs. Il n’y a pas de quotas pour les chevreuils et sangliers mais en général 30 animaux de chaque espèce sont abattus par saison, le plus important n’étant pas les chiffres mais l’équilibre entre le gibier et son milieu. Il faut savoir que le sol de l’Hertogenwald et des Hautes Fagnes est très pauvre. S’il y a trop de gibier, la forêt ne parvient plus à se régénérer, les nouvelles pousses sont tout de suite broutées, les arbres sont écorcés et une partie importante du bois n’est alors plus utilisable en menuiserie. Grâce à une gestion régulière, l’écosystème est conservé, la forêt est stable et durable et le gibier se développe bien : la densité de cerfs, par exemple, a diminué pendant les 10 dernières années et la forêt continue à se régénérer naturellement dans toute sa diversité.

Les chasseurs

Les chasseurs invités à chasser sur les terres des Chasses de la Couronne sont ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats aux examens destinés à obtenir le permis de chasse. Suite aux examens théoriques et pratiques (biologie du gibier, connaissances des armes et de la législation + examen pratique centré sur la sécurité et la précision de tir), 40 personnes par an, francophones, néerlandophones et germanophones, sont invitées aux Chasses de la Couronne. Chacune fera 8 sorties par saison, en compagnie d’un agent forestier qui est en même temps guide de chasse. Des sorties d’affût ou d’approche, de 2 à 3 heures, à l’aube ou au coucher de soleil. Pour ces « jeunes » chasseurs, c’est une occasion unique de chasser le grand gibier, mais surtout d’apprendre les techniques de chasse, d’approche, d’étudier le comportement du gibier, les règles de sécurité, le comportement après le tir, l’éviscération,… La mission pédagogique des Chasses de la Couronne s’applique aussi aux chasseurs ; il s’agit d’une véritable « école pratique de chasse ».

Quel type de chasse ?

Les binômes chasseur / guide chassent à l’approche ou à l’affût.

À l’approche, on chasse à pied, en forêt, en tentant d’approcher le gibier, de jouer avec le vent, le couvert naturel, en symbiose avec le milieu pour voir le gibier avant d’être vu. A l’affût, on attend le gibier depuis un mirador. Les deux types de chasse sont mixés en fonction du climat. L’avantage des deux techniques est que le chasseur est au calme et concentré et le gibier aussi, ce qui implique des tirs dans de bonnes conditions et un maximum de mort subite pour minimiser autant que possible la souffrance animale.

En général, 80% du plan de tir est réalisé en sorties individuelles. Pour les 20% restants, on procède par chasse collective. Il ne s’agit pas de battues mais de poussées silencieuses pour diriger le gibier d’un fourré à l’autre, de petits miradors de 2 m étant placés à côté des passages habituels. Là, le chasseur, concentré et au repos, tire sur un animal bougeant très lentement, ce qui garantit à nouveau de bonnes conditions de tir. Entre 20 et 30 chasseurs participent à ces chasses collectives silencieuses qui sont une bonne alternative aux battues classiques à cor et à cri qui impliquent souvent un grand nombre d’animaux blessés.

Que faire dans l’Hertogenwald ?

A pied
Les Hautes Fagnes constituent la plus grande réserve naturelle de Belgique. L’Hertogenwald offre d’innombrables possibilités de promenades, courtes ou très longues ! Vous y trouverez des paysages diversifiés selon la promenade choisie : forêt de feuillus ou sapinière pessière, fagnes, bord de rivière, lacs ou coupe-feu, l’Hertogenwald a plusieurs visages. Attention, n’oubliez pas qu’il est interdit de se balader sur les coupe-feu, ceux-ci étant réservés à la grande faune !

De nombreux itinéraires balisés, du plus court au plus difficile, s’offrent à vous. Vous trouverez des cartes dans les offices du tourisme de la région, mais aussi beaucoup de propositions d’itinéraires sur internet. A vous de choisir entre une balade d’une heure ou d’une journée.

Pour une excursion plus sportive, essayez une portion du GR15 N, ce sentier de grande randonnée qui va de Montjoie à Martelange, en passant par nos régions. Ou le GR573, en vallée de Vesdre. Vous y rencontrerez peut-être des marcheurs au long cours, en randonnée pour plusieurs jours.

Avec les enfants
Prenez le temps de ramasser des feuilles pour réaliser un herbier, ou des branches à assembler en un tipi ou une sculpture moderne. Attention bien sûr de respecter la forêt ! Donnez-vous un objectif, comme par exemple rejoindre le lac de la Gileppe, ou l’arboretum de Mefferscheid, et prévoyez un pique-nique. Aidez vos enfants à identifier les différentes espèces d’arbres que vous rencontrerez, montrez-leur les fruits qu’ils produisent, ou observez bien ! Peut-être rencontrerez-vous un écureuil ou, qui sait, une biche !

Avec vos enfants, essayez aussi le sentier didactique à proximité du barrage de la Gileppe. D’une longueur de 2.2 km, le chemin est équipé de panneaux explicatifs et d’étapes ludiques pour apprendre la nature, la faune et la flore en s’amusant. Attention, ça monte fort ! Le sentier n’est pas accessible aux poussettes et vélos, ni aux personnes à mobilité réduite.

A vélo
Un énorme réseau de sentiers a été développé dans tout l’est de la Belgique pour le plus grand plaisir des amateurs de vélo. Le réseau Velotour compte plus de 850 km de routes balisées selon un ingénieux système de points-noeuds qui permettent de sélectionner son itinéraire en fonction de ses capacités. De belles étapes sont proposées dans l’Hertogenwald, pour une sortie sportive ou plus familiale à vélo. Pour plus d’info : www.eastbelgium.com.

le sous-bois au printemps

Plus classique, le tour du lac de la Gileppe (17.6 km) est accessible à tous, tandis que les plus sportifs tenteront le Trou Malbrouck (26.5 km), qui demande un peu d’entraînement… Sachez que vous pouvez louer des vélos (électriques ou non) au pied de la tour de la Gileppe.

En voiture
Il y a très peu de routes qui sillonnent l’Hertogenwald, et c’est tant mieux pour la nature ! Toutefois, si vous marchez peu, vous pouvez rejoindre certaines zones en voiture puis visiter les environs. Le barrage de la Gileppe, les Hautes Fagnes, l’arboretum, par exemple, sont accessibles en voiture et on y trouve de très petites balades à faire, sur des chemins faciles. Les chemins principaux sont par ailleurs équipés de bancs publics pour se reposer en chemin.


Les croix, les bornes

De nombreuses croix parsèment les Hautes Fagnes. Beaucoup commémorent des décès : perdus, victimes de la neige, du froid, de la foudre. D’autres ont été installées comme point de repère. Enfin, certaines rappellent les meurtres d’agents forestiers, comme la croix Guisard, la croix Mockel ou la croix Michel. Elles jalonnent le paysage, tout comme les bornes frontières hexagonales qui indiquent l’ancienne frontière belgo-prussienne.

La croix des Alliés, à proximité de Drossart, est érigée à la mémoire de 4 prisonniers italiens de la guerre 1914-1918, dont le camp se situait 300 m plus à l'est. Ils sont décédés à la suite d'accident ou de maladie, occupés au travail par les Allemands dans l’Hertogenwald ou à la scierie de Perkiets. Ils ont été enterrés à cet endroit jusqu'à la fin de la guerre.

L’arboretum

L’artboretum de Mefferscheid a été réhabilité en 2012. Cet arboretum, à l’origine créé pour voir quelles espèces de résineux s’acclimataient le mieux à la région, abrite des arbres centenaires remarquables. Il offre une balade balisée par 9 sculptures, fruits de 2 années de travail, réalisées à la tronçonneuse sur des arbres morts ou comportant des défauts. Vous y trouverez quelques records de Belgique de circonférence (le pin de Macédoine, le Parasolier du Japon), et des sapins aux dimensions impressionnantes : 44 mètres de hauteur, 3.8 mètres de circonférence ! Le Chemin du dragon est accessible par Hestreux (attention, la voirie est fermée en hiver et en très mauvais état !). L’accès à l’arboretum est conseillé par le haut, en passant par Eupen)
 

Le lac de la Gileppe

C’est le gros point touristique de l’Hertogenwald. Une partie du lac de la Gileppe, dont le célèbre lion, se trouve sur le territoire de Baelen. Mais le barrage de la Gileppe ne se résume pas à son lion ! Vous pourrez vous restaurer ou admirer la vue depuis le haut de la tour panoramique ou au tea-room situé au pied de la tour. Une exposition permanente sur le barrage, une petite plaine de jeux ainsi qu’un stand de location de vélos (en saison) permettent à chacun de trouver une activité qui lui convient. C’est l’occasion d’essayer un vélo électrique, le tour du lac s’y prête bien. Le barrage est aussi le point de départ de plusieurs promenades balisées autour du site, dont le sentier didactique évoqué plus haut. Vous trouverez plus d’infos sur l’offre touristique du site de la Gileppe sur www.gileppe.com.

Approximativement à mi-parcours du tour du lac, vous pourrez voir le tunnel de la Soor. Ce tunnel de 2.5 km amène les eaux de la Soor vers le lac de la Gileppe. Plutôt faible lorsqu’il fait beau, le débit est impressionnant par mauvais temps ! Ce tunnel a été le théâtre d’une catastrophe lors de sa construction, entraînant la mort de 8 personnes. Vous en trouverez les détails sur les panneaux didactiques installés à proximité.

une vue imprenable sur la forêt depuis le haut de la tour

Couper du bois ?

Les droits d’affouage n’existent plus. Il est donc interdit d’aller se servir en forêt ! Le Code Forestier prévoit l’organisation de ventes publiques de lots de bois marchands ou de chauffage. Si vous souhaitez couper vous-même votre bois, il faudra passer par ces ventes publiques. Un lot vous sera attribué, et vous pourrez abattre les arbres, puis les découper et préparer votre stock de bûches. C’est moins cher que l’achat du bois déjà coupé, mais plus sportif ! Cela nécessite également d’avoir à sa disposition du bon matériel… et du temps libre.

Précisons que la forêt de l’Hertogenwald n’appartient pas à la commune mais à la région wallonne ; son exploitation n’engendre donc aucun revenu pour Baelen, qui ne bénéficie que de son agréable voisinage.

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